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VIOLS EN PSYCHIATRIE
LES FEMMES ET LES ENFANTS VICTIMES
CHAPITRE DEUX
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LES AGRESSIONS SEXUELLES DETRUISENT DES VIES
«C'est un prédateur... Ces gens sont venus chez lui pour recevoir des soins et il leur a fait du mal. Je n'ai jamais vu un prévenu infliger autant de douleurs et de blessures à autant de gens.»

David Cosgrove
Procureur général adjoint, à propos du psychiatre William Cone, condamné à 133 ans de prison pour agression sexuelle.
PRÉDATEURS (AGRESSEURS SEXUELS EN SÉRIE)

Grâce au courage et à la détermination des femmes qui ont révélé ces cas souvent mal­gré de grands risques et une intense angoisse, quelques-uns des auteurs de ces actes crimi­nels ont finalement comparu devant la justice :

* En 2004, la condamna­tion (datant de 1998) du psy­chiatre canadien John Orpin pour abus sexuels sur ses patientes fut confirmée. Une fois sous l'effet de drogues, il violait et sodomisait ses patientes. Il attachait certaines d'entre elles à un mur et les battait à coups de ceinture. Le Dr Orpin leur disait que son pénis était un «bâton soigneur» et que le viol anal était «de l'amour absolu».

* Le 4 juillet 2002, le psychiatre londonien Kolathur Unni n'a été condamné qu'à 18 mois de prison. Pourtant, il avait infligé des violences sexuelles à une patiente durant une séance d'hypnothérapie. Unni avait un passé d'agres­sions sexuelles à l'encontre de patients et avait déjà été rayé de l'ordre des médecins de Nouvelle-Zélande pour des incidents similaires.

* Le 11 février 1998, William Cone, psychiatre dans le Missouri (États-Unis), était condamné à 133 ans de prison pour agression et perversion sexuelles à l'encontre de deux patientes. Cone leur avait dit qu'elles avaient été sevrées trop tôt et avaient besoin de «revivre leur relation avec leurs parents », ce qui néces­sitait d'avoir des rapports sexuels avec lui. Pour les convaincre, il leur donna une grande quantité de médica­ments psychotropes dont elles devinrent dépendantes. Cone prétendit alors que lui-même souffrait d'« alcoolisme et de dépendance sexuelle». Selon lui, il s'agissait d'une «forme de démence morale provoquée par ma préoccupation obsessionnelle du travail, du pouvoir et de la perfection... »
Des psychiatres ont dit à leurs patients que la source de leurs problèmes était un «dysfonctionnement sexuel » et qu'ils devaient leur enseigner comment le surmonter en atteignant l'orgasme et en ayant des rapports sexuels oraux.
Cependant, dans de nombreux cas, le système judi­ciaire est trop lent. Aussi, un grand nombre des 65000 thérapeutes qui ont violé leurs patient(e)s ne font l'objet que d'une interdiction temporaire de pratiquer (tout en restant libres) ou on leur a simplement ordonné de suivre une « thérapie » pour traiter leur « trouble » sexuel.

Le rapport de William Masters et Virginia Johnson de 1970, « Inadaptation sexuelle de l'homme », demeure d'ac­tualité: «...lorsqu'une procédure en bonne et due forme établit fermement la séduction sexuelle de patients, peu importe qui du patient ou du thérapeute a initié la relation, on devrait poursuivre le thérapeute pour viol plutôt que pour faute professionnelle; autrement dit, la procédure devrait être pénale plutôt que civile ».10
10. Op. cit., Kenneth Pope.
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