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VIOLS EN PSYCHIATRIE
LES FEMMES ET LES ENFANTS VICTIMES
CHAPITRE UN
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ABUS SEXUEL EN GUISE DE "THERAPIE"
Les psychiatres et psychologues considèrent rarement qu'un viol est un viol. Au contraire, ils parlent de «contacts sexuels», de «relations sexuelles» ou de « dépassements des bornes » lorsque l'un d'entre eux force une patiente à avoir des rapports sexuels avec lui, souvent à l'aide de médicaments et d'électrochocs.

Imaginez un juge pénal entendant la défense soutenir que « ce n'était pas vraiment un viol mais plutôt un cas de relations sexuelles ». Pire encore, imaginez que la victime soit votre sœur ou votre fille qui, en toute bonne foi, a cherché de l'aide auprès d'un psychiatre, par exemple à la suite d'une rupture sentimentale. Vous souhaiteriez, à juste titre, que le violeur soit poursuivi au sens le plus complet de la loi. Mais cela a peu de chances de se produire si le violeur est un psy­chiatre. Même si le viol psychiatrique est théoriquement punissable par le système judiciaire, la réalité fait que, dans la plupart des cas, c'est le Conseil de l'Ordre régissant la profession qui traite l'affaire comme un simple «écart professionnel».

Ces organismes décident de la punition à infliger, plaçant le prévenu psychiatrique au-dessus de la loi. Les praticiens qui per­dent leur licence sont rarement poursuivis pénalement. Avec cette logique : si un plombier violait l'une de ses clientes, la fédération des plombiers déciderait de son sort. Bien sûr, dans ce cas, cela ne se passerait pas de cette façon. Les ordres des psychiatres et psy­chologues ne devraient pas non plus bénéficier de cette possibilité de se substituer à la loi commune.

Dans le monde entier, le pseudo-système d'éthique psychia­trique a été attaqué, jugé trop indulgent et inadéquat. Dans une enquête américaine de 1986 sur les rapports sexuels psychiatres-patients, 73 % des psychiatres ayant admis avoir eu des relations avec des patientes ont admis avoir agi ainsi au nom de l'« amour » ou du «plaisir»; 19% ont dit que c'était pour « augmenter l'estime personnelle du patient» alors que les autres excuses mentionnaient des «écarts de jugement», de l'« impulsivité », la «mise en valeur du thérapeute» et des « besoins personnels ».
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Près de vingt ans plus tard, les justifications restent les mêmes. Les individus ayant com­paru devant des comités médi­caux pour expliquer leur conduite ont plaidé « un manque de jugement dû au stress », un «niveau inhabituellement élevé d'appétit sexuel», que «le sexe est une forme légitime de traite­ment » et même qu'un « amour véritable pour un patient devrait être autorisé».
Des psychiatres et des psychothérapeutes sont continuellement confrontés à des charges pour abus sexuels perpétrés sur des personnes recherchant leur aide.

1 ) Le psychologue Donald Persson fut condamné à 10 ans de prison pour le viol d'une fille de 12 ans.
2) Le psychiatre Markham Berry plaida coupable pour abus sexuel sur six jeunes garçons qui lui avaient été adressés.
3) John Lester, psychiatre du Kansas. fut condamné à 41 mois de détention pour attentat à la pudeur envers deux jeunes garçons.
4) Le psychothérapeute John Ferguson fut l'un des premiers à être poursuivi pour abus sexuel en vertu d'une loi du Colorado criminalisant cet abus.
3. Nanette Gartrell, M.D., Judith Herman, M.D., et al., "psychiatric Patient Sexual Contact: Results of a National Survey, I:Prevalence", American Journal of Psychiatry, Vol. 143, N° 9, sept. 1986, p. 1128.
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