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ABUS PSYCHIATRIQUES SUR LES PERSONNES AGEES
CHAPITRE DEUX
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TRAITEMENTS BRUTAUX
Electrochoc
La mère de Jennifer Martin, âgée de 70 ans, com­mença à ressentir des maux de tête et des nau­sées. Elle cessa de se nourrir et ne pouvait plus parler. Un psychiatre déclara que cette vieille dame était choquée par les récents décès survenus dans sa famille et qu'une thérapie électroconvulsive (ECT) était nécessaire pour la sortir de là. Moins de 24 heures après le traitement, la mère de Jennifer décéda. Une autopsie révéla qu'elle ne souffrait pas d'une dépression, mais d'un problème de la moelle épinière. « Les électrochocs l'ont tuée», déclara Jennifer en 1997.

Les psychiatres ne considèrent que rarement les élec­trochocs comme un traitement de choc. Pourtant, ils impliquent l'application d'un courant électrique pouvant atteindre 460 volts à travers le cerveau, provoquant une crise d'épilepsie et des lésions cérébrales irréversibles.

Bien qu'ils admettent ouvertement ne pas savoir comment «agit» l'électrochoc, les psychiatres n'hési­tent pas à l'administrer, y compris aux personnes âgées.

Le Dr Nathaniel Lehrman, chef de clinique au Kingsboro State Mental Hospital à New York, mainte­nant à la retraite, avertissait que les gens âgés suppor­taient plus difficilement les rigueurs de l'ECT. « Il s'agit de mauvais traitements flagrants à l'échelle nationale », a-t-il déclaré.6 Actuellement, près de 50% des personnes qui subissent des électrochocs sont des personnes âgées de 65 ans et plus.

En 1991, le psychologue Robert F. Morgan a déclaré, au cours d'une conférence sur l'ECT, que la « dépression» des personnes d'un certain âge est sou­vent provoquée ou aggravée par leurs craintes de perdre la mémoire et la santé, et nous savons que les électrochocs affectent négativement ces deux aspects.7
«Il s'agit de mauvais traitements flagrants à l'échelle nationale.»

Dr Nathaniel Lehrman, ancien chef de clinique à la retraite
au Kingsboro State Mental Hospital de New York
En 2004, le psychiatre Harold A. Sackheim, prin­cipal promoteur de l'ECT, a déclaré, en abordant le sujet de la fréquence des plaintes de patients pour pertes de mémoire : « Dans ce domaine, nous avons plus volontiers admis l'éventualité de décès dus à l'ECT que celle d'avoir des pertes de mémoire. Ceci en dépit du fait que les effets secondaires de l'ECT de loin les plus communs affectent la perception [conscience]. »

Le Dr Colin Ross, psy­chiatre au Texas, précise que la littérature existante sur l'ECT indique : «Il y a de nombreuses lésions au cerveau, il y a des pertes de mémoire, le taux de mortalité augmente, le taux de suicide ne diminue pas. »8

Une étude réalisée en 1993 révèle que l'ECT réduit l'espérance de vie des personnes âgées : que « les patients de plus de 80 ans qui reçoivent des électro­chocs pour grave dépression courent un risque accru de décès dans les deux ans qui suivent le traitement».9 Une étude réalisée au Canada en 1997 rapporte que 27% des patients de 80 ans ou plus qui avaient reçu des électrochocs sont décédés une année après le «traitement».10

Aujourd'hui, l'industrie psychiatrique améri­caine récolte à elle seule près de 5 milliards de dollars par an grâce à l'ECT. De plus, les psychiatres profi­tent d'un domaine quasi « exempt de fautes profes­sionnelles », parce que toutes les plaintes d'un patient âgé suite aux électrochocs peuvent facilement être attribuées à sa sénilité.

Parmi les quelque 300 décès annuels causés par l'ECT en Amérique, près de 250 étaient des patients du troisième âge. Toutefois, selon un article paru dans USA Today, les médecins rapportent rarement les traitements de choc dans les certificats de décès, même lorsque la relation semble évidente et que les instructions pour remplir le certificat de décès le stipulent clairement.
6. Dennis Cauchon, "Patients Often Aren't Informed of Full Danger", USA Today, 6 déc. 1995.
7. Leonard Roy Frank, "San Francisco Puts Electroshock on Public Trial", The Rights Tenet, Hiver 1991, p. 5
8. Testimony of Dr Colin Ross, M. D., 10 mai 2004.

9. David Kroesser, M.D., Barry S. Fogel, M.D., "Electroconvulsive Therapy for Major Depression in the Oldest Old", The American Journal of Geriatric Psychiatry, N° 1, Hiver 1993, p. 34.
10. Don Weitz, "Electroshocking Elderly People: Another Psychiatric Abuse", Changes: An International Journal of Psychology and Psychotherapy, Vol. 15, N° 2, mai 1997.
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